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Cameroun Crtv : Mendo Ze condamné pour 2,616 milliards Fcfa

Posté par sdu le 20 mars 2009

Cameroun Crtv : Mendo Ze condamné pour 2,616 milliards Fcfa shim
YAOUNDE – 9 FEVRIER 2009
© Christophe Bobiokono, Mutations

La Commission de discipline budgétaire et financière s’est prononcée sur le cas de l’ex-Dg.

 

Il avait le pas lourd et la tête basse, dans la soirée de jeudi dernier, au moment de partir du Contrôle supérieur de l’Etat. Le Conseil de discipline budgétaire et financière (Cdbf), devant lequelle il comparaissait, venait en effet de rendre sa sentence sur son cas. Selon le Communiqué de presse rendu public le lendemain, 05 février 2009, et signé par Siegfried David Etamé Massoma, ministre chargé du Contrôle supérieur de l’Etat et président du Cdbf, Gervais Mendo Ze, ex-directeur général de la Cameroon Radio Television, a été constitué « débiteur envers le Trésor public de la somme de 2,616 milliards Fcfa représentant le préjudice causé à la Crtv ». Une amende spéciale de deux millions Fcfa lui a été infligée. Et le Cdbf a prononcé à son encontre, pour une durée de cinq ans, « la déchéance de l’article 14 alinéa 1(a) […] de la loi relative au contrôle des ordonnateurs, gestionnaires et gérants de crédits publics des entreprises d’Etat ». Ce qui signifie que M. Mendo Ze est interdit pendant cette période d’assumer des fonctions de gestionnaire et d’ordonnateur de crédits dans un service public, organisme public ou parapublic ou dans les entreprises d’Etat.

Pour asseoir la sanction prononcée contre l’ex-Dg, le Cdbf a relevé pas moins de treize fautes de gestion dans les actes l’ex-Dg de la Crtv. Celles-ci vont de l’octroi de primes indues au titre de « rendement de la redevance audiovisuelle » pour plus de 2,25 milliards Fcfa, à la distribution des rémunérations ou d’avantages indus autant au comptable matière (5,4 millions Fcfa), à un responsable de la Commission de réhabilitation des entreprises publiques (15 millions Fcfa), qu’aux membres de la Commission financière de la Crtv (100 millions Fcfa), en passant par la passation des marchés à l’insu de la commission compétente, l’engagement de dépenses non prévues dans le budget de l’organisme et sans lien avec ses missions, notamment au titre d’assistance, d’aides financières et de cachets spéciaux, la perception des « frais de représentation indus » par M. Mendo Ze lui-même (115 millions Fcfa), le paiement sans justificatifs d’un marché public en dépassement du montant initial arrêté contractuellement, etc.

Chambre des comptes

Si le Cdbf s’est enfin prononcé sur le cas de l’ex-Dg de la Crtv, elle a renvoyé « à une session ultérieure » l’examen de la situation de Elisabeth Mongori et Antoinette Essomba, respectivement ancienne et actuelle directrice de la Cmca, la régie publicitaire interne de la Crtv. A titre de rappel : dans le cadre du contrôle de la gestion de la Crtv, le Cdbf avait déjà rendu de premières décisions le 16 janvier dernier. Ces dernières concernaient notamment Patricia Enam, ex-sous directeur des Finances de la Crtv, M. Amang à Bitegni, Jacques Pom, le président de la Commission financière et Jacques Mboudou, le président de la commission de passation des marchés. Si les deux derniers avaient été acquittés pour « faute de gestion non établie », les deux premiers, pour des raisons diverses, avaient été mis en débet respectivement pour 210 et 48,6 millions Fcfa.

En attendant que le dossier Crtv soit totalement vidé au niveau du Cdbf, l’on s’interroge sur la suite de l’affaire. En effet, si le Communiqué de presse de Siegfried David Etamé Massoma a été précis sur la transmission du dossier à la Chambre des comptes de la Cour suprême pour compétence « s’agissant de la somme de 847,470 millions Fcfa de redevance audiovisuelle non reversée dans les caisses de la Crtv et pour laquelle les services du Trésor n’ont pu produire les pièces justificatives (ordres de retrait) pour le montant global de 5,556 milliards Fcfa » (ce qui braque les projecteurs sur les cadres du Trésor public), il est resté silencieux concernant la saisine ou non de la justice pénale sur le cas de Gervais Mendo Ze.

Deux poids, deux mesures…

Le ton était timide, pénible, voire consterné pour les auditeurs de la Crtv. C’est une lecture laconique que le présentateur du journal parlé de 13h de la radio d’Etat a en effet réservée, vendredi dernier, au Communiqué de la Commission de discipline budgétaire et financière sanctionnant les actes de gestion de Gervais Mendo Ze. Il n’y a eu ni commentaire enflammé, ni éditorial inspiré pour saluer, comme c’est souvent le cas pour des dossiers similaires, les succès du régime en place dans sa lutte contre la mal gouvernance publique. La gène était visible, peut-être même compréhensible dans le traitement de l’événement, qui aurait pu constituéer l’information phare de cette journée : après 13 années passées à la tête de la Crtv, Gervais Mendo Ze pouvait apprécier la fidélité de certains anciens collaborateurs à son égard. Des relations qui ont évité d’en rajouter au coup de massue reçu la veille par l’ex-Dg dans les locaux du Contrôle supérieur de l’Etat.

Si, comme on a pu le comprendre, des confrères de la Crtv ont refusé de participer à la déchéance populaire de leur ancien patron, leur attitude change désormais peu de choses à son sort : M. Mendo Ze doit désormais répondre presque tout seul de ses actes devant la nation, notamment des avantages indûment accordés à certains collaborateurs. Donc, d’une prodigalité légendaire qui s’appuyait malheureusement sur les caisses d’une entreprise publique. Personne de ceux (employés ou non de la Crtv) qui le courtisaient à l’époque, que ce soit dans son bureau du 11ème étage de l’immeuble siège du Centre de production de Mballa II ou à son domicile, n’est contraint comme lui de rembourser 2,616 milliards Fcfa au Trésor public. Rappelons que dans une lettre ouverte célèbre adressée le 24 août 2006 au successeur de Gervais Mendo Ze, quelques frondeurs qualifiés de néo-Talibans à cette occasion, avaient posé une question à laquelle l’actualité donne une réponse aujourd’hui : « de quel ‘management moderne’ pouvez-vous vous prévaloir si tous les avantages dont bénéficiaient les personnels sont unilatéralement bannis ? »

Le cas de M. Mendo Ze est d’autant singulier que la solidarité de corps semble, elle aussi, avoir joué pour l’isoler aujourd’hui. Alors que, pour le condamner, le Conseil de discipline budgétaire et financière (Cdbf) a relevé, parmi les fautes de gestion qui lui sont imputées, « les paiements effectués au profit des membres de la Commission financière, non consécutifs aux tâches de contrôle pour le montant de 100,18 millions Fcfa », elle avait déjà trouvé l’occasion, au cours de sa session du 16 janvier 2009, d’acquitter Jacques Pom, le président de ladite commission, pour « faute de gestion non établie » sur les mêmes faits. Il n’est peut-être pas déplacé de souligner que M. Pom est un Inspecteur d’Etat à la retraite qui se trouvait donc devant la justice de ses pairs.

Et que, dans un communiqué rendu public le 03 septembre 2009, le président du Cdbf indiquait que « dans le cadre de la discipline budgétaire, la compétence du Conseil de discipline budgétaire et financière se limite aux ordonnateurs, gestionnaires et assimilés de droit ou de fait et aux surveillants de crédits au sens large ». Cette impression de deux poids deux mesures, ajoutée à la réaction de Patricia Enam, ex-sous directeur des finances de la Crtv mise en débet le 16 janvier de la somme de 210 millions Fcfa pour « défaut de production de pièces justificatives », fait désordre. Dans ces mêmes colonnes, cette dernière avait affirmé avoir versé « pour environ 800 mille Fcfa » de « carburant » à M. Nzok Ekanga, rapporteur du Contrôle Supérieur de l’Etat dans son affaire, « afin qu’il se rende à la Crtv avec son équipe pour procéder au pointage des pièces justificatives ». Ce qui n’avait pas été fait, selon Mme Enam.

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