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Cameroun: Lettre a Paul Biya sur le sentiment d’injustice, de sectarisme et d’accentuation du tribalisme qui domine dans l’opinion nationale

Posté par sdu le 3 avril 2012

 
CAMEROUN:: LETTRE A PAUL BIYA SUR LES DISCRIMINATIONS

Monsieur le Président de la République,

Profondément attachée à l’unité politique, territoriale et sentimentale du pays, la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination se fait un devoir, de vous faire connaître, avec tout le respect et la déférence dus, le sentiment d’injustice, de sectarisme et d’accentuation du tribalisme qui domine dans l’opinion nationale.

En effet les récentes nominations aux hautes fonctions au sein de l’appareil de l’Etat et des Directeurs généraux des plus grandes entreprises publiques, ont installé un grave malaise chez des millions de nos compatriotes. Les images des prises des fonctions dans la ville de Douala, ont semé une sorte de panique et de doute légitimes, sur la sincérité de notre unité nationale. Les divers postes de commandement politiques et sécuritaires dans la ville sont dorénavant pratiquement tenus par des fils d’une même région du pays.

Nous avions décidé de taire les présentes observations, pour ne pas perturber plus en avant, un climat politique déjà lourd de multiples insinuations, attentes et interrogations. Mais nous faisons face à une avalanche de protestations et d’interpellations, dont certaines n’hésitent pas à traiter notre silence de complicité, d’où notre présente démarche que nous voulons patriotique et franche.

Il va sans dire, Excellence monsieur le Président, que l’évolution actuelle de certains pays à l’instar du Mali, du Congo Démocratique et de la RCA, dominée par des relents de tensions sécessionnistes résultant des sentiments de discrimination de quelques régions et groupes ethno culturels, incitent à une plus grande prise en compte des intérêts de toutes les régions du pays dans les promotions purement politiques, et au recours aux seuls critères de compétence et de mérite, pour les fonctions de haute exigence technique et académique.

C’est une exigence à laquelle, la décentralisation en cours, à moins d’une extension vers un fédéralisme complet passant par une révision radicale de notre constitution, est incapable d’apporter une réponse appropriée et consensuelle.

Les appréhensions actuelles, sont, légitimement, renforcées par d’autres mauvaises nouvelles qui risquent d’arriver dans les jours prochains, avec notamment les nominations des préfets et sous préfets. Nous avons en effet découvert, et chacun peut le vérifier, que les administrateurs civils sont dorénavant constitués, selon le fichier disponible au ministère de l’administration territoriale, majoritairement des citoyens et citoyennes d’une même ère ethno régionale. Cette situation est bien évidemment, la conséquence d’une gestion discriminatoire, sectaire et chroniquement corrompue de l’ENAM depuis deux décennies. Vous vous en étiez d’ailleurs inquiété à haute et intelligible voix, lors de votre visite dans cet établissement il n’y a pas longtemps.

Dans ce contexte délicat, la Commission fait siennes, les craintes, nombreuses, qui voient dans l’accumulation des frustrations provenant des discriminations et du partage sectaire des postes de commandement politique et sécuritaire, une dangereuse menace de fracture territoriale, de cassure politique et ultimement de promotion des exemples malien et congolais.

Notre conviction, c’est que nous risquons de ne pas être épargnés longtemps, si vous n’usez pas dès maintenant (le plus tôt sera le mieux), de toute votre énergie, votre sagesse, votre courage et votre humilité. Les nombreux conseillers qui vous entourent et qui sont plus prompts à soigner leurs carrières et à accumuler des fortunes personnelles, qu’à vous dire la vérité, ne vous y aideront point.

Vous devez, monsieur le président et cher compatriote, le faire seul et par devers leurs humeurs, silences, combines et inertie. N’ayez aucune crainte des clans et réseaux pour engager des réformes honnêtes. Commencez et les camerounais vous soutiendront, accompagneront et protégeront.

Dans cette optique, les derniers concours d’entrer à l’école nationale supérieure de police, ont par leur transparence et leur choix des seuls compétents et méritants, administré la preuve que nous pouvons conjurer définitivement la préférence villageoise sectaire et improductive, pour privilégier la république moderne, l’Etat efficace, la construction enfin d’un pays de gens intègres et capable d’affronter la compétition mondiale, un pays que des voisins moins lotis sur tous les plans, ne vont plus se permettre d’humilier.

Confiant dans votre humaine compréhension pour un sursaut nationaliste correcteur, la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination saisit cette occasion pour vous renouveler, Excellence monsieur le président, les assurances de sa très haute considération./.

Le Président de la Commission
SHANDA TONME
Médiateur universel

 

 

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