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Cameroun: Lettre a Paul Biya sur le sentiment d’injustice, de sectarisme et d’accentuation du tribalisme qui domine dans l’opinion nationale

Posté par sdu le 3 avril 2012

 
CAMEROUN:: LETTRE A PAUL BIYA SUR LES DISCRIMINATIONS

Monsieur le Président de la République,

Profondément attachée à l’unité politique, territoriale et sentimentale du pays, la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination se fait un devoir, de vous faire connaître, avec tout le respect et la déférence dus, le sentiment d’injustice, de sectarisme et d’accentuation du tribalisme qui domine dans l’opinion nationale.

En effet les récentes nominations aux hautes fonctions au sein de l’appareil de l’Etat et des Directeurs généraux des plus grandes entreprises publiques, ont installé un grave malaise chez des millions de nos compatriotes. Les images des prises des fonctions dans la ville de Douala, ont semé une sorte de panique et de doute légitimes, sur la sincérité de notre unité nationale. Les divers postes de commandement politiques et sécuritaires dans la ville sont dorénavant pratiquement tenus par des fils d’une même région du pays.

Nous avions décidé de taire les présentes observations, pour ne pas perturber plus en avant, un climat politique déjà lourd de multiples insinuations, attentes et interrogations. Mais nous faisons face à une avalanche de protestations et d’interpellations, dont certaines n’hésitent pas à traiter notre silence de complicité, d’où notre présente démarche que nous voulons patriotique et franche.

Il va sans dire, Excellence monsieur le Président, que l’évolution actuelle de certains pays à l’instar du Mali, du Congo Démocratique et de la RCA, dominée par des relents de tensions sécessionnistes résultant des sentiments de discrimination de quelques régions et groupes ethno culturels, incitent à une plus grande prise en compte des intérêts de toutes les régions du pays dans les promotions purement politiques, et au recours aux seuls critères de compétence et de mérite, pour les fonctions de haute exigence technique et académique.

C’est une exigence à laquelle, la décentralisation en cours, à moins d’une extension vers un fédéralisme complet passant par une révision radicale de notre constitution, est incapable d’apporter une réponse appropriée et consensuelle.

Les appréhensions actuelles, sont, légitimement, renforcées par d’autres mauvaises nouvelles qui risquent d’arriver dans les jours prochains, avec notamment les nominations des préfets et sous préfets. Nous avons en effet découvert, et chacun peut le vérifier, que les administrateurs civils sont dorénavant constitués, selon le fichier disponible au ministère de l’administration territoriale, majoritairement des citoyens et citoyennes d’une même ère ethno régionale. Cette situation est bien évidemment, la conséquence d’une gestion discriminatoire, sectaire et chroniquement corrompue de l’ENAM depuis deux décennies. Vous vous en étiez d’ailleurs inquiété à haute et intelligible voix, lors de votre visite dans cet établissement il n’y a pas longtemps.

Dans ce contexte délicat, la Commission fait siennes, les craintes, nombreuses, qui voient dans l’accumulation des frustrations provenant des discriminations et du partage sectaire des postes de commandement politique et sécuritaire, une dangereuse menace de fracture territoriale, de cassure politique et ultimement de promotion des exemples malien et congolais.

Notre conviction, c’est que nous risquons de ne pas être épargnés longtemps, si vous n’usez pas dès maintenant (le plus tôt sera le mieux), de toute votre énergie, votre sagesse, votre courage et votre humilité. Les nombreux conseillers qui vous entourent et qui sont plus prompts à soigner leurs carrières et à accumuler des fortunes personnelles, qu’à vous dire la vérité, ne vous y aideront point.

Vous devez, monsieur le président et cher compatriote, le faire seul et par devers leurs humeurs, silences, combines et inertie. N’ayez aucune crainte des clans et réseaux pour engager des réformes honnêtes. Commencez et les camerounais vous soutiendront, accompagneront et protégeront.

Dans cette optique, les derniers concours d’entrer à l’école nationale supérieure de police, ont par leur transparence et leur choix des seuls compétents et méritants, administré la preuve que nous pouvons conjurer définitivement la préférence villageoise sectaire et improductive, pour privilégier la république moderne, l’Etat efficace, la construction enfin d’un pays de gens intègres et capable d’affronter la compétition mondiale, un pays que des voisins moins lotis sur tous les plans, ne vont plus se permettre d’humilier.

Confiant dans votre humaine compréhension pour un sursaut nationaliste correcteur, la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination saisit cette occasion pour vous renouveler, Excellence monsieur le président, les assurances de sa très haute considération./.

Le Président de la Commission
SHANDA TONME
Médiateur universel

 

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Sénégal: Présidentielle 2012 ; Victoire de Macky Sall face à Abdoulaye Wade

Posté par sdu le 26 mars 2012

Publié le 25 mars 2012

 

Sénégal: Présidentielle 2012 ; Victoire de Macky Sall face à Abdoulaye Wade dans Actualités nationales et internationales Mack-Sall-nouveau-président-du-SénégalMack Sall nouveau président du Sénégal
 
Macky Sall, candidat de la coalition ’’Bennoo Bokk Yaakaar’’, a remporté le second tour de l’élection présidentielle sénégalaise face au président sortant Abdoulaye Wade qui a déjà admis sa défaite.  La Télévision publique (RTS) a annoncé que le président sortant a appelé son ancien Premier ministre pour le féliciter dès les premières tendances annonçant une victoire certaine du leader de l’opposition sénégalaise.

Près de 5,3 millions d’électeurs sénégalais se sont rendus aux urnes le 25 mars 2012 pour élire leur président de la République. L’opposant Macky Sall, grand favori du second tour de l’élection présidentielle sénégalaise, a battu le président Abdoulaye Wade.

Candidat à sa propre succession, le président sortant Abdoulaye Wade, au pouvoir depuis 2000, a abordé le deuxième tour de la présidentielle dans une position délicate alors qu’il a remporté le premier tour le 26 février 2012 avec 34,81% des voix, contre 26,58% à l’opposant Macky Sall. Le président sortant était fragilisé par le ralliement des douze autres candidats à Macky Sall. Même l’ancien fils spirituel d’Abdoulaye Wade, Idrissa Seck, a appelé à voter Macky Sall.

Macky Sall disposait également du soutien de personnalités telles que la star de la chanson Youssou Ndour, des organisations de la société civile, et du mouvement de jeunes baptisé « Y’en a marre ». Ils se sont tous mobilisés contre la candidature d’Abdoulaye Wade qu’ils jugent « anticonstitutionnelle ».

Abdoulaye Wade a admis sa défaite et félicité au soir du deuxième  tour de l’élection présidentielle au Sénégal et félicité par téléphone le leader de l’opposition sénégalaise Macky Sall. La victoire de Macky Sall prédite par le camp de l’ancien Premier ministre d’Abdoulaye Wade a donc été confirmée par les urnes.

Plus de 300 observateurs étrangers ont été mobilisés par l’Union européenne (UE), la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’Union africaine (UA) pour veiller au bon déroulement du scrutin. Thijs Berman, chef des observateurs de l’Union Européenne, a déclaré espérer que le Sénégal donnera « un exemple fort » de démocratie en Afrique de l’Ouest après le récent coup d’Etat militaire à Bamako.

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Cameroun : 33% des enfants touchés par la malnutrition

Posté par sdu le 2 novembre 2011

« La malnutrition chronique des enfants de moins de 5 ans est de 33% et la forme sévère est de 14% », indique l’enquête démographique de santé à indicateurs multiples réalisée en 2011 par l’Institut national de la Statistique (INS) du Cameroun pour le compte du ministère de la Santé.

« 42 % d’enfants de 18 à 35 mois accusent un retard de croissance », ajoute l’étude. D’après elle, « 98% (d’enfants) de moins de 6 mois sont allaités, mais seulement 20% sont exclusivement allaités au sein ».

« De 2004 à 2011, le risque qu’un enfant décède avant son premier anniversaire qui selon les estimations de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) était de 88 décès pour mille se situe en 2011 à 62 décès pour mille naissances », révèle par ailleurs l’enquête.

« En 2011, le nombre moyen d’enfants par femme est de 5,1 contre 5 enfants en 2004. Cet indice est plus élevé en milieu rural (soit 6,4 enfants) qu’en milieu urbain ou l’on compte 4 enfants par femme. La tranche d’âge 25-29 ans est la plus active dans l’ensemble », note-t-elle.

Selon le ministre de la Santé André Mama Fouda, les principaux indicateurs enregistrés se sont améliorés dans l’ensemble par rapport à 2004. Ces données seront toutefois complétées par le taux de prévalence du VIH Sida, les résultats des examens issus des prélèvements effectués chez plus de 14.000 personnes n’étant pas encore disponibles, selon le ministère de la Santé.

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Cameroun; (Cardinal Christian Tumi) Dieu demandera à Paul Biya: «Qu’avez-vous fait du pouvoir que je vous ai confié?»

Posté par sdu le 27 octobre 2011

 Yaoundé – 25 Octobre 2011
© Jean Claude Fogno | L’Actu

Alors qu’il a soufflé sur sa 81e bougie le 15 octobre dernier, Mgr Tumi refuse toujours de se taire. Le célèbre prélat exprime ici sa profonde déception par rapport au scrutin présidentiel du 9 octobre dernier au Cameroun, tout en s’insurgeant contre le recours à la violence et à la communauté internationale

Alors qu’il a soufflé sur sa 81e bougie le 15 octobre dernier, Mgr Tumi refuse toujours de se taire. Il se situe résolument dans le sillage de ce qu’Alain Didier Olinga soulignait dans son livre Propos sur l’inertie paru en 2009 : «L’état de notre société actuelle accule l’intellectuel, au sens propre du terme, au moins à la parole éclairante». Le célèbre prélat, auteur de l’essai Les deux régimes politiques d’Ahmadou Ahidjo, de Paul Biya et Christian Tumi, a bien voulu se confier à L’Actu. Il exprime ici sa profonde déception par rapport au scrutin présidentiel du 9 octobre dernier au Cameroun, tout en s’insurgeant contre le recours à la violence et à la communauté internationale et en mettant en garde le régime en place contre le tribalisme et les manœuvres anticonstitutionnelles de succession.

Paul Biya a ignoré votre souhait de le voir quitter le pouvoir. Voyez-vous en lui un pouvoiriste ou un chef d’Etat pris en otage par certaines puissances qu’il ne maitrise pas?

Je ne le prends pas pour quoi que ce soit. J’ai dit que si j’étais Biya je ne serai pas candidat à la présidence de la République. Mais, si son parti le propose aux Camerounais et que par une élection véritablement transparente, ceux-ci l’acceptent comme président, ce n’est pas un problème pour moi.

Croyez-vous à cette litanie d’appel du peuple?

Non, je ne crois pas à ce genre de chose. C’est quelques élites qui s’enferment pour rédiger ces motions d’appel à candidatures et de soutien. A mon avis, cela pose un problème moral.

Qu’est-ce qui justifie cet entêtement du régime, les jeux d’intérêt ou la peur des lendemains?

Je ne peux pas lire sa pensée. Après 30 ans, il aurait dû quitter. Quelqu’un d’autre peut faire la même chose mais d’une autre manière. L’essentiel, c’est le développement du pays avec une approche différente.

Continuez-vous d’affirmer que depuis 30 ans, il n’y a pas eu d’élections au Cameroun?

C’est depuis 50 ans. Depuis l’indépendance. Même au temps de parti unique, il n’y a jamais eu d’élections au Cameroun parce qu’on proclamait les résultats avant même de faire les décomptes. Le règne Biya se situe dans la même logique. Je croyais que ces élections du 9 octobre dernier pouvaient être un peu transparentes et acceptables, mais je suis déçu.

Ce scrutin a mobilisé 23 candidats. Qu’est-ce qui explique cette course à la magistrature suprême?

23 candidats ne sont pas beaucoup. Nous avons plus de 200 partis politiques (Ndlr: 260) et chaque parti a la possibilité de désigner son candidat. Je m’attendais à au moins 200 candidats. Dans un pays sérieux, une bonne culture démocratique se voit avec trois ou quatre partis politiques. Vous allez voir après la proclamation de résultats que seulement trois ou quatre formations politiques vont émerger du lot.

Pourquoi êtes vous resté sourd à l’appel du peuple (le vrai) appuyé par plusieurs formations politiques qui étaient transpercées par l’espoir de vous voir provoquer enfin une vraie alternance au sommet de l’Etat cette année?

Je ne m’intéresse pas à la vie politique de mon pays. Je dis à mes chrétiens que si j’étais un laïc, soit je fonderais un parti politique, soit je militerais clans un parti de mon choix. Dans l’église catholique, le pasteur ne doit pas militer de peur de voir le peuple de Dieu divisé.

Si j’étais laïc, je ne sais pas si les gens vont courir chez moi comme ils le font maintenant avec mon statut de pasteur. Quand j’étais ordonné prêtre en 1966, j’ai décidé de ne jamais participer à une activité politique et je ne l’ai jamais fait jusqu’à nos jours. Si les partis politiques organisent leurs réunions et m’invitent, je pourrais y assister sans prendre parole et sans me prononcer. Ce n’est pas ma vocation.

Cette prise de position n’entre-elle pas en contradiction avec votre soutien à l’Offre Orange en tant que préfacier de l’ouvrage de Hilaire Kamga qui dénote clairement les options de prise de pouvoir au Cameroun?

Je peux préfacer n’importe quel livre. Je ne le proposais pas candidat à la magistrature suprême. Je viens de préfacer le livre d’un autre jeune Camerounais. Surtout qu’on ne reprend que ce que l’auteur a dit j’ai eu le temps de lire le livre de Kamga et c’est un jeune dynamique qui a des ambitions et des idées pour son pays. Je comprends mon Cameroun où les gens ne sont pas habitués à analyser les choses comme il se doit. C’est alors que le pouvoir a sa vérité et l’opposition a la sienne ainsi que l’homme du quartier.
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Cameroun: Election présidentielle; Paris note des irrégularités

Posté par sdu le 22 octobre 2011

 AFP Mis à jour le 22/10/2011 à 19:44 | publié le 22/10/2011 à 17:21 Figaro.fr

La France « prend acte » du résultat proclamé par la Cour suprême du Cameroun donnant Paul Biya réélu président pour un sixième mandat, mais note de « nombreuses irrégularités », dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. « Lors du scrutin, de nombreuses défaillances et irrégularités ont été constatées. La France souhaite que des mesures soient prises pour que celles-ci ne se reproduisent pas lors des scrutins législatifs et municipaux de 2012″, a affirmé aujourd’hui Bernard Valero, porte-parole du Quai d’Orsay.

Paris « espère que les autorités sauront prendre rapidement les réformes permettant de répondre aux aspirations légitimes du peuple camerounais et qu’elles s’engageront en particulier dans la mise en place de toutes les institutions prévues par la Constitution », a ajouté le porte-parole.

Paul Biya a été réélu avec 77,98% des suffrages devant son opposant historique John Fru Ndi (10,712%), à l’issue d’un scrutin à tour unique le 9 octobre, selon les résultats proclamés hier par la Cour suprême à Yaoundé. L’opposition accuse le pouvoir d’avoir verrouillé le système électoral en faveur du président.

Hier, le ministre français de la Coopération Henri de Raincourt avait déclaré que Paris continuait d’estimer que la présidentielle au Cameroun s’était déroulée « dans des conditions acceptables », alors que les Etats-Unis avaient annoncé que des irrégularités avaient été relevées « à tous les niveaux ». Dés le lendemain de la présidentielle, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé avait jugé que les élections avaient eu « lieu dans des conditions acceptables ». L’équipe d’observateurs du Commonwealth a aussi estimé que le scrutin avait été exempt de « coercition », tout en soulignant qu’il y avait un « bon nombre de plaintes » sur l’organisation.

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Cameroun : Biya réélu président pour un 6e mandat

Posté par sdu le 22 octobre 2011

L’opposition avait rejeté par avance le résultat de la présidentielle, accusant le président au pouvoir depuis trente ans d’avoir verrouillé le système électoral. Paris parle d’un scrutin aux «conditions acceptables».

Cameroun : Biya réélu président pour un 6e mandat dans Actualités nationales et internationales coeur- Paul Biya, 78 ans, au pouvoir depuis 1982 a été réélu président du Cameroun pour un sixième mandat avec 77,989% des suffrages. Le chef d’Etat sortant a obtenu 3.772.527 voix (77,989%) devant son opposant du Social Democratic Front (SDF) John Fru Ndi qui obtient 578.175 voix (10,712%). Le taux de participation, seul enjeu du scrutin, était en baisse. 65,82% contre 82,83% en 2004. La Cour suprême du Cameroun s’était rassemblée vendredi dans un climat électrique pour proclamer le résultat de l’élection présidentielle du 9 octobre. Autour du bâtiment, de nombreux militaires et forces anti-émeutes étaient mobilisés. Le pouvoir craint les réactions que pourrait susciter cette nouvelle victoire du très contesté Paul Biya. L’opposition a annoncé qu’elle rejetait par avance les résultats.

Sept millions de Camerounais étaient théoriquement appelés à voter lors du scrutin à tour unique. Mais l’opposition, dont la Cour suprême a rejeté mercredi quinze recours en annulation, accuse le régime d’avoir verrouillé le système électoral en faveur du président sortant. Lundi, sept leaders de l’opposition dont le principal adversaire de Paul Biya, John Fru Ndi, ont signé une déclaration dénonçant une «mascarade électorale» et appelé le peuple «à venir massivement manifester».

Une position confortée par les États-Unis, qui estiment que le scrutin était entachée «d’irrégularités à tous les niveaux». L’ambassadeur Robert Jackson a critiqué «la façon dont les listes électorales ont été conçues et gérées, laissant libre cours aux votes multiples», ainsi que «le manque de formation des agents électoraux et d’éducation des électeurs concernant la manière de voter». Au passage, le diplomate a renvoyé l’opposition, qui présentait 22 candidats face au président sortant, à ses divisions : «Il y a lieu d’émettre des réserves quant au sérieux de cette opposition et des candidats (…) les partis d’opposition doivent s’unir s’ils veulent proposer une alternative crédible».

«Une des dictatures les plus archaïques du continent»

La France, au contraire, a jugé par la voix du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé que les élections avaient eu «lieu dans des conditions acceptables». Paris perpétue ainsi une longue tradition de soutien au président Biya, malgré les critiques qui pèsent sur son régime jugé par de nombreux observateurs autoritaire, répressif et corrompu. Le pays apparaît dans les dernières places du classement annuel de l’ONG Transparency International et le président lui-même fait l’objet d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris en 2010 pour «recel de détournements de fonds publics», dans l’affaire des «Biens mal acquis». «À contretemps de l’Histoire et des promesses hypocrites faites après les révolutions tunisienne et égyptienne, la diplomatie française se compromet à nouveau avec une des dictatures les plus archaïques du continent», accuse l’association Survie, qui lutte contre les réseaux de la «Françafrique».

«Pourquoi ce serait la position des États-Unis qui serait la bonne et la nôtre qui serait divagante ? La France a pris cette position parce qu’elle s’est basée très exactement sur les conclusions d’une commission internationale d’observateurs», s’est défendu Alain Juppé. L’équipe du Commonwealth a en effet estimé que le scrutin avait été exempt de «coercition», en soulignant tout de même qu’il y avait un «bon nombre de plaintes» sur l’organisation.

Dans le contexte tendu de cette proclamation de résultat, l’Église a appelé la population à ne pas manifester malgré les appels en ce sens de l’opposition. Le pouvoir, lui, a pris les devants : dans la capitale économique, Douala, toute manifestation a été interdite. Les mesures de sécurité ont également été renforcées dans les autres villes du pays pour faire face à d’éventuelles contestations.

 Par Thomas Vampouille . le Figaro.fr

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Présidentielle au Cameroun: Washington dénonce de vastes irrégularités

Posté par sdu le 20 octobre 2011

L’opposition, qui accuse le pouvoir d’avoir verrouillé l’élection en faveur du président Paul Biya, 78 ans, au pouvoir depuis 1982 et qui brigue un sixième mandat, a annoncé qu’elle rejetait par avance les résultats du scrutin, qu’elle qualifie de « mascarade ».

La Cour suprême a rejeté mercredi et jeudi 15 recours en annulation de la présidentielle introduits par l’opposition et doit proclamer les résultats vendredi.

La France par son ministre le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé avait jugé mardi que les élections avaient eu « lieu dans des conditions acceptables ». L’équipe d’observateurs du Commonwealth a aussi estimé que le scrutin avait été exempt de « coercition », tout en soulignant qu’il y avait un « bon nombre de plaintes » sur l’organisation.

L’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun Robert Jackson a lui affirmé: « Le jour du scrutin, nos observateurs ont noté des incohérences et des irrégularités à tous les niveaux, ainsi que des difficultés techniques de la part d’Elecam (Elections Cameroon, la commission électorale) dans l’administration de l’élection ».

« L’une des plus grandes critiques a porté sur la façon dont les listes électorales ont été conçues et gérées, laissant libre cours aux votes multiples. Le manque de formation des agents électoraux et d’éducation des électeurs concernant la manière de voter était apparent », a ajouté l’ambassadeur américain.

« L’encre qui devrait être utilisée pour empêcher les votes multiples n’était pas indélébile, et les responsables des bureaux de vote ne prenaient pas la peine de vérifier les pouces des électeurs », a poursuivi M. Jackson.

Le diplomate a fait 19 recommandations en vue de scrutins libres et équitables. Notamment: « Elecam doit pouvoir démontrer son indépendance », « le Cameroun doit adopter un bulletin de vote unique afin d’empêcher l’achat des voix », « le parti au pouvoir doit s’abstenir d’utiliser les ressources publiques pour faire campagne » et « doit s’abstenir de susciter la peur en faisant valoir que voter pour l’opposition entraînerait l’instabilité et la guerre civile ».

M. Jackson a encore suggéré que « le fichier électoral soit soigneusement nettoyé pour supprimer les noms des personnes décédées et les doublons ».

L’ambassadeur des Etats-Unis a aussi critiqué des divisions de l’opposition qui a « présenté 22 candidats (face au président Paul Biya). Il y a lieu d’émettre des réserves quant au sérieux de cette opposition et des candidats (…) les partis d’opposition doivent s’unir s’ils veulent proposer une alternative crédible ».

« Se réveillant tardivement, certains partis d’opposition parlent désormais d’un front commun. N’auraient-ils pas dû penser à cela plus tôt ? », s’est-il interrogé.

« La Mission américaine avait dépêché 14 équipes de deux à quatre personnes (…) dans chacune des dix régions du Cameroun, avec des équipes supplémentaires à Douala (sud), la plus grande ville du pays, et à Yaoundé », la capitale, selon le diplomate.

Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti du président Biya, avait accusé mardi « certains partis politiques (…) au mépris de la légalité républicaine, de lancer des appels injustifiés et inadmissibles au désordre et à la violence ».

En février 2008, des émeutes contre la vie chère et contre le projet de suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels, projet adopté quelques semaines plus tard, avaient coûté la vie à 40 personnes, selon un bilan officiel, au moins 139 d’après des ONG.

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Cameroun: résultats de la présidentielle vendredi, 8 recours rejetés

Posté par sdu le 20 octobre 2011

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Les résultats de la présidentielle du 9 octobre au Cameroun seront proclamés vendredi par la Cour suprême qui a rejeté mercredi les recours en annulation déposés par l’opposition.
« La Cour suprême statuant comme Conseil constitutionnel proclamera les résultats de ladite élection le vendredi 21 octobre », a indiqué la Cour dans un communiqué lu à la Cameroon Radio-Television (CRTV).
Mercredi, la Cour a étudié les 18 recours présentés par les candidats.

 

              Elle en a rejeté 15, trois autres recours ayant fait l’objet d’un désistement de leur auteur pendant l’audience. Le principal parti d’opposition le Social democratic Front (SDF) du principal adversaire de Paul Biya, John Fru Ndi, avait présenté 9 demandes d’annulation. Le SDF s’est désisté dans deux cas mais les sept autres ont été rejetés.
« Le recours du SDF est recevable dans la forme. Au fond, il n’est pas justifié. Il est par conséquent rejeté », a répété à plusieurs reprises la Cour.
Pendant l’audience, M. Fru Ndi, opposant historique, avait affirmé: « Nous avons besoin de justice. Donnons un chance à la démocratie et à la justice ».
A sa sortie de l’audience, il a assuré: « Moi, John Fru Ndi, je vais manifester. Je ne veux plus accepter toutes les gabegies de ce pays ».
L’opposition accuse le président sortant Paul Biya, 78 ans, au pouvoir depuis 1982, d’avoir verrouillé le système électoral à son avantage.
« La messe était dite bien avant l’ouverture de l’audience. Il n’y aura aucune annulation. La Cour suprême est au garde-à-vous », a accusé lors de la suspension de séance Hilaire Zipan, porte-parole du député et candidat du Mouvement progressiste (MP) Jean-Jacques Ekindi dont la requête a été déclarée « irrecevable ».
« Peu après avoir quitté la salle d’audience, M. Ekindi a refoulé un agent d’Elecam (Elections Cameroon, la commission électorale) qui venait lui remettre une carton d’invitation à la cérémonie de proclamation des résultats », a-t-il poursuivi, soulignant que l’annonce de la proclamation des résultats intervenait avant la fin de l’audience de la Cour.
Un autre candidat, Bernard Muna, avait quitté précocement la salle alors qu’il venait de recevoir un carton d’invitation identique.
« Si la Cour nous adresse déjà des invitations, cela signifie qu’elle a décidé de ne pas annuler la présidentielle. Tout avait déjà été programmé », avait-t-il estimé en fin de matinée.
La Cour a envoyé aux candidats une invitation pour « un cocktail (…) le 21 octobre à l’issue de l’audience de proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 9 octobre », a indiqué un candidat à un journaliste de l’AFP.
Lundi, M. Fru Ndi et six leaders de l’opposition avaient signé une déclaration commune rejetant « tout résultat que pourra déclarer le Conseil constitutionnel ».
« Dans le cas où le Conseil constitutionnel refuse d’annuler cette mascarade électorale et persiste à déclarer les résultats, nous appelons (…) le peuple à venir massivement manifester en faveur de son droit de participer à des élections libres et transparentes », affirmaient-ils, dénonçant un « environnement électoral (…) chaotique avec d’innombrables irrégularités ».
Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti du président Biya, avait dénoncé mardi: « Certains partis politiques, à la surprise générale et au mépris de la légalité républicaine, lancent des appels injustifiés et inadmissibles au désordre et à la violence. Rien ne justifie les provocations, les manipulations, la surenchère et l’escalade verbale auxquelles se livrent actuellement certains candidats et certains leaders politiques ».
En février 2008, des émeutes contre la vie chère et contre le projet de suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels, adopté quelques semaines plus tard, avaient coûté la vie à 40 personnes, selon un bilan officiel, au moins 139 d’après des ONG.
 AFP.

LePARISIEN.FR: Publié le 20.10.2011, 04h46

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Paul Biya en campagne: Douala sous haute sécurité

Posté par sdu le 6 octobre 2011

 DOUALA – 06 OCT. 2011
 Carole YEMELONG | Cameroon-Info.Net

Dans des quartiers de la capitale économique, militaires, engins de guerre, ceintures de balles, sont restés en faction ce jeudi, le temps que le candidat « choix du peuple » égraine ses promesses.

Douala a tourné au ralenti ce jeudi 06 octobre. Dès l’aube, par groupes de trois à quatre, militaires, gendarmes, policiers, éléments du Bataillon d’Intervention Rapide, un corps spécial des forces armées, étaient postés aux quatre coins de la ville. Le long de l’itinéraire du candidat du rassemblement Démocratique du Peuple camerounais, de l’aéroport à sa résidence à Bonanjo, du dispositif militaire de guerre est bien visible. Des mitraillettes posées sur des trépieds, des hélicoptères dans les airs, la population tenue bien à distance, les routes barrées.

Lorsque l’avion de Paul Biya atterrit, la circulation est coupée. Bien avant, les bureaux du port autonome de Douala ont été vidés de leur personnel, la base navale aussi. « Des hommes en tenue militaires, armés, avec des casques, sont venus nous demander de rentrer chez nous. Ils se sont postés aux portes et fenêtres de nos bureaux, qui donnent sur la mer » explique un cadre d’une entreprise de transit. A Bonanjo, le quartier administratif, impossible d’avoir accès par voiture. Les trois entrées sont barrées, par un gros engin des travaux public à « carrefour Sonel koumassi », une dizaine de policiers « au pont Joss » des militaires « à l’avenue Charles de Gaulle ». Parfois avec une pointe d’impatience, ils expliquent aux usagers « qu’on ne passe pas, ce sont les instructions ». Seuls des militants bien identifiés par les différents organes du parti, vêtus aux couleurs du RDPC ont eu librement accès à la place de l’UDEAC ou s’est tenu le meeting. Dans les autres quartiers, c’était une forte tension. Elle a atteint son paroxysme lorsqu’une roue de véhicule a crevé bruyamment a Bepanda, un quartier populeux de Douala. Le bruit de l’échappement de l’air a coïncidé avec celui des hélices d’un appareil volant dans les airs. « Tous les élevés du collège INTAC qui étaient dans la cour se sont couchés au sol, ils ont cru que de l’hélicoptère on tirait sur eux » explique un habitant du quartier. La nouvelle a vite fait le tour semant quelque peu la panique. Les forces de l’ordre et les médias ont vite rassuré les populations. Mais l’indignation est restée. « Comment il dit qu’il est le choix du peuple et il ne vient pas vers le peuple, il arrive à Douala et on barre toutes les routes, les miliaires sont partout, nos activités sont au ralenti, ce n’est pas normal » fulmine Michel, conducteur de moto. Rodrigue chef d’entreprise n’a pas caché son indignation « je n’ai pas pu aller à la banque, parce qu’elle a été vidée de tout son personnel, mon container est bloqué au port, j’avais déjà tout payé pour le sortir aujourd’hui, j’ai des clients sud africains que je dois livrer avant 15h, comment leur expliquer que l’arrivée d’un candidat à la présidentielle a bloqué toutes mes activités aujourd’hui, je n’en reviens pas ». Jacques a du faire quelques kilomètres à pied pour accompagner ses filles à l’école. Elles n’ont cessé de lui demander en chemin s’il y avait la guerre et pourquoi les messieurs en armes étaient si fâchés.

Le candidat « choix du peuple » était à Douala, avec son peuple à lui. Pendant ce temps, un autre peuple recevait un autre candidat. Une caravane de Jean Jacques Ekindi a sillonné des marchés de la capitale économique. Comme John Fru Ndi, Anicet Ekane, Albert Dzongang et Kah Walla, ils ont promis aux commerçants des lendemains meilleurs.

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Cameroun: Paul Biya, Dictateur en campagne

Posté par sdu le 6 octobre 2011

Cameroun: Paul Biya, Dictateur en campagne

Correspondance

PARIS – 06 OCT. 2011
© Rosa Moussaoui (L’Humanite) | Correspondance

Cameroun: Paul Biya, Dictateur en campagne dans Actualités nationales et internationales comment_16x16 5 Réactions cin_folder_hot dans Actualités nationales et internationales

Profession : président à vie. À soixante-dix-neuf ans, après bientôt trente ans de règne, l’autocrate camerounais Paul Biya briguera, lors de l’élection présidentielle à un seul tour du 9 octobre prochain, un nouveau mandat de sept ans. Le terrain a été soigneusement préparé par le pouvoir. Il y a deux ans, le prétendant à sa propre succession imposait, malgré la contestation, une révision constitutionnelle supprimant la limitation du nombre de mandats.

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Candidat à sa propre succession lors de l’élection présidentielle 
du 9 octobre 
au Cameroun, 
Paul Biya appartient à cette génération d’autocrates qui n’ont pas hésité à sacrifier les intérêts de leurs peuples à ceux de l’ex-puissance coloniale.

Profession : président à vie. À soixante-dix-neuf ans, après bientôt trente ans de règne, l’autocrate camerounais Paul Biya briguera, lors de l’élection présidentielle à un seul tour du 9 octobre prochain, un nouveau mandat de sept ans. Le terrain a été soigneusement préparé par le pouvoir. Il y a deux ans, le prétendant à sa propre succession imposait, malgré la contestation, une révision constitutionnelle supprimant la limitation du nombre de mandats. Aucune disposition n’a été prise pour établir des listes électorales dignes de ce nom. Le scrutin ne sera pas supervisé par une commission électorale indépendante, mais par l’organisme Élections Cameroun (élecam), financé par l’Union européenne, composé de représentants acquis à la cause du président sortant. Des opposants de pacotille sont entrés en piste pour les besoins décoratifs de la campagne électorale. En revanche, le pouvoir a redoublé de pression sur toutes les forces, tous les individus susceptibles d’opposer une résistance authentique. À la fin du mois d’août, Paul Biya a ainsi tenté d’empêcher la tenue du congrès de l’Union des populations du Cameroun (UPC), le parti issu de la guerre de décolonisation avec la France. « Tout est verrouillé d’avance. Le parti-État de Paul Biya, le RDPC, a mobilisé tous les moyens de l’État en sa faveur. Les fonctionnaires sont sommés d’aller battre campagne pour le président sortant. Ceux qui s’y refusent prennent le risque de perdre leur emploi. Aucune des conditions nécessaires à la tenue d’une élection transparente et démocratique n’est remplie », résume Augusta Epanya, membre du bureau politique de l’UPC, formation qui a décidé de ne pas prendre part à cette mascarade électorale. Le Social Démocratic Front (SDF) de l’anglophone John Fru Ndi a opté pour une autre stratégie. Son leader est candidat. Sans illusions. Dans une lettre à la diaspora, John Fru Ndi affirme que le président sortant « a conduit le pays à la ruine » et souligne « la volonté affichée du régime Biya d’arracher à tout prix un nouveau mandat le 9 octobre 2011, surtout grâce aux fraudes électorales ». Il faut dire qu’à l’issue de l’élection présidentielle de 1992, Paul Biya avait été déclaré vainqueur avec 40 % des voix, contre 36 % au candidat du SDF. Un résultat manifestement inversé.

Depuis son arrivée au pouvoir en 1982, le dictateur affairiste, ami de la France, tient le pays d’une main de fer. L’emprise tentaculaire de son parti-État n’est pas sans rappeler celle du RCD, la formation dévouée à Zine el-Abidine Ben Ali, le dictateur tunisien déchu. « Aucun secteur n’échappe au RDPC. Il contrôle tout : le système politique, mais aussi l’économie, la culture, la société, poursuit Augusta Epanya. Ce régime assure sa survie par l’achat des consciences ou par la répression. » Et en matière de répression, le pouvoir camerounais n’a rien à envier aux régimes dictatoriaux balayés par les « printemps arabes ». Un recensement exhaustif des atteintes aux droits de l’homme et aux libertés dans ce pays relève de la gageure. La violence politique, au Cameroun, est une habitude. Elle vise tout le monde, du jeune chômeur au syndicaliste, de l’étudiant au journaliste, et prend périodiquement la forme de sanglants massacres. Ainsi, en 1992, les premières élections législatives, consécutives à la légalisation du multipartisme, avaient donné lieu à une répression féroce, qui avait fait 400 morts. Plus récemment, en février 2008, les émeutes de la faim, qui s’étaient conjuguées aux protestations contre la révision constitutionnelle destinée à assurer à Biya la présidence à vie, ont été écrasées dans le sang. Un rapport de l’Observatoire national des droits de l’homme, intitulé « Une répression sanglante à huis clos », recense, au terme d’une minutieuse enquête, au moins 139 morts. « On ne peut lever la tête et manifester, au Cameroun, sans se faire tabasser par des éléments de la sinistre brigade d’intervention rapide (BIR), une milice à la solde du régime. Dans les prisons comme dans les commissariats, la torture est si répandue qu’elle s’est banalisée dans l’esprit des gens », expose la militante et blogueuse Juliette Abandwoké, partie prenante de l’initiative Touche pas à mon vote, qui forme des jeunes à la surveillance des élections.

Particulièrement ciblés, les syndicalistes indépendants font l’objet d’un véritable harcèlement policier et judiciaire. C’est le cas de Jean-Marc Bikoko, qui dirige la centrale syndicale du secteur public. « Le régime a adopté une stratégie de peur, pour contraindre les populations à l’autocensure. Dans le même temps, le pouvoir est fébrile. Il sait que son bilan est désastreux, que le malaise social est profond et qu’il peut dégénérer comme en 2008, sans que les observateurs les plus avertis ne puissent le prévoir. Le chômage massif des jeunes fait du Cameroun un volcan au bord de l’irruption », analyse ce syndicaliste. Le système Biya ne s’accommode pas davantage des journalistes libres et intègres. Le 22 avril 2010, Bibi Ngota, directeur de Cameroun Express, rendait son dernier souffle derrière les barreaux de la prison centrale de Yaoundé. Malade et privé de soins, il avait été placé en détention préventive le 10 mars, en même temps que deux de ses confrères, Serge Sabouang (la Nation) et Robert Mintsa (le Devoir), pour avoir enquêté sur une affaire mettant en cause le secrétaire général de la présidence de la République. Avec la campagne électorale, les forces de l’ordre ont redoublé de brutalité contre les journalistes. Alors qu’il couvrait, samedi, une manifestation pacifique du Southern National Council rassemblant les anglophones favorables à l’autodétermination, notre confrère Patrick Sianne a été passé à tabac. « Des policiers m’ont confisqué ma caméra, avant de me plaquer à terre et de me tabasser. Cent cinquante manifestants ont été arrêtés et présentés devant la justice. J’ai moi-même passé la nuit en détention, avec quatre autres journalistes », relate-t-il. Pour lui, cette démonstration de force contre des anglophones relève de la politique de division entretenue par le régime. « Biya a fait sienne la devise “diviser pour mieux régner”. La mise en opposition de Camerounais appartenant à des communautés et des ethnies différentes est institutionnalisée par cet homme dont l’unique objectif est de se maintenir au pouvoir », tranche-t-il. Journaliste lui aussi, Jean Bosco Talla (voir ci-contre) s’est attiré les foudres du régime pour avoir enquêté sur l’affaire des biens mal acquis mettant en cause le président camerounais. Jeté dans les geôles de Paul Biya en février 2008, il a été relâché sous la pression internationale. Pour le directeur de l’hebdomadaire Germinal, « la corruption est consubstantielle au régime ». Dans son livre Au Cameroun de Paul Biya, Fanny Pigeaud évalue à 2,6 milliards de dollars, pour la période 2000-2006, « le montant des recettes pétrolières portées disparues ». Le Cameroun caracole en tête du classement des pays les plus corrompus établi par l’ONG Transparency International. « Il est difficile d’estimer la fortune du chef d’État camerounais mais l’on sait que comme les autres, il profite de son poste pour s’enrichir personnellement », tranche le CCFD-Terre solidaire dans un rapport daté de 2007.

Ces libertés prises avec les principes de la « bonne gouvernance » ne semblent pas embarrasser outre mesure les grands groupes français, omniprésents au Cameroun. « Paul Biya est à cette place pour préserver les intérêts des multinationales françaises. Il a vendu le Cameroun à Bolloré, à Bouygues, à Total. Au fond, c’est un sous-préfet », s’insurge Juliette Abandwoké. Plus cyniquement, Loïk Le Floch-Prigent, l’ex-patron d’Elf, expliquait en 1996 : « Les intérêts français ont déterminé la mise en place de ce chef d’État comme dans plusieurs autres ex-colonies. Le président Biya ne prend le pouvoir qu’avec le soutien d’Elf pour contenir la communauté anglophone de ce pays. » Vieux pilier de la Françafrique, Paul Biya appartient à cette génération d’autocrates qui n’ont pas hésité à sacrifier les intérêts de leurs peuples à ceux de l’ex-puissance coloniale. Dans le cas du Cameroun, cette politique de prédation et d’oppression a pris corps dans l’abîme d’une sale guerre coloniale qui n’a jamais dit son nom et qui fait l’objet d’un pacte de silence et d’oubli entre Paris et Yaoundé. Une fois brûlés au napalm, les idéaux des nationalistes de l’UPC, une fois assassinés leurs chefs, Ruben Um Nyobé et Félix Moumié, la France pouvait proclamer l’indépendance de façade de ses fondés de pouvoir. Paradoxe d’une indépendance sans liberté ni démocratie, à laquelle le peuple camerounais paie, depuis un demi-siècle, un lourd tribut.

Les homosexuels pris pour cibles

Avec la campagne électorale, les organisations de défense des droits de l’homme ont relevé une recrudescence des arrestations et des persécutions visant les homosexuels. Au cours des six derniers mois, à Yaoundé et à Douala, au moins dix personnes ont été arrêtées en vertu d’une loi qui, depuis 1972, criminalise l’homosexualité. « Certains de ces hommes – si ce n’est tous – ont subi des actes de torture et d’autres mauvais traitements en détention », indiquait, le 26 septembre, Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch. Le Cameroun envisage d’accroître la peine encourue, en cas de rapports homosexuels entre adultes consentants, à quinze ans de réclusion assortis 
d’une amende pouvant aller jusqu’à 2 millions de francs CFA (environ 3 040 euros).

Rosa Moussaoui
L’Humanite (France)

 PARIS – 06 OCT. 2011
© Rosa Moussaoui (L’Humanite)
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Profession: président à vie. À soixante-dix-neuf ans, après bientôt trente ans de règne, l’autocrate camerounais Paul Biya briguera, lors de l’élection présidentielle à un seul tour du 9 octobre prochain, un nouveau mandat de sept ans. Le terrain a été soigneusement préparé par le pouvoir. Il y a deux ans, le prétendant à sa propre succession imposait, malgré la contestation, une révision constitutionnelle supprimant la limitation du nombre de mandats.

Candidat à sa propre succession lors de l’élection présidentielle du 9 octobre au Cameroun, Paul Biya appartient à cette génération d’autocrates qui n’ont pas hésité à sacrifier les intérêts de leurs peuples à ceux de l’ex-puissance coloniale.

Profession: président à vie. À soixante-dix-neuf ans, après bientôt trente ans de règne, l’autocrate camerounais Paul Biya briguera, lors de l’élection présidentielle à un seul tour du 9 octobre prochain, un nouveau mandat de sept ans. Le terrain a été soigneusement préparé par le pouvoir. Il y a deux ans, le prétendant à sa propre succession imposait, malgré la contestation, une révision constitutionnelle supprimant la limitation du nombre de mandats. Aucune disposition n’a été prise pour établir des listes électorales dignes de ce nom. Le scrutin ne sera pas supervisé par une commission électorale indépendante, mais par l’organisme Élections Cameroun (élecam), financé par l’Union européenne, composé de représentants acquis à la cause du président sortant. Des opposants de pacotille sont entrés en piste pour les besoins décoratifs de la campagne électorale. En revanche, le pouvoir a redoublé de pression sur toutes les forces, tous les individus susceptibles d’opposer une résistance authentique. À la fin du mois d’août, Paul Biya a ainsi tenté d’empêcher la tenue du congrès de l’Union des populations du Cameroun (UPC), le parti issu de la guerre de décolonisation avec
la France. « Tout est verrouillé d’avance. Le parti-État de Paul Biya, le RDPC, a mobilisé tous les moyens de l’État en sa faveur. Les fonctionnaires sont sommés d’aller battre campagne pour le président sortant. Ceux qui s’y refusent prennent le risque de perdre leur emploi. Aucune des conditions nécessaires à la tenue d’une élection transparente et démocratique n’est remplie », résume Augusta Epanya, membre du bureau politique de l’UPC, formation qui a décidé de ne pas prendre part à cette mascarade électorale. Le Social Démocratic Front (SDF) de l’anglophone John Fru Ndi a opté pour une autre stratégie. Son leader est candidat. Sans illusions. Dans une lettre à la diaspora, John Fru Ndi affirme que le président sortant « a conduit le pays à la ruine » et souligne « la volonté affichée du régime Biya d’arracher à tout prix un nouveau mandat le 9 octobre 2011, surtout grâce aux fraudes électorales ». Il faut dire qu’à l’issue de l’élection présidentielle de 1992, Paul Biya avait été déclaré vainqueur avec 40 % des voix, contre 36 % au candidat du SDF. Un résultat manifestement inversé.
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